Trail Sainte Victoire vu par Jerome Rossi

J’arrive au moment du départ avec une fatigue générale que je traine depuis plus de 3 semaines avec enfants malades ( nuits courtes) + horaires du matin (debout 5 heures avec le changement d’heure sur la dernière semaine), malade à mon tour avec 10 jours d’antibios qui se sont terminées le mercredi d’avant course, d’ailleurs je ne sais pas si c’est lié mais lors de mes entrainements sous traitements j’avais drôlement mal aux muscles…
Bref je me place sur le devant du peleton, une petite pensée pour mes potes au marathon de Paris et une autre à Jean-Michel Obé  et beatrice Talec de Power sport avec l’équipe qui eux vont à Peynier rafler tous les podiums de la course.
Coup d’envoi sa part vraiment mais vraiment très fort je suis même impressionné, obligé de sprinter pour ne pas être gêné dans les premiers monotraces. Très vite je me retrouve avec mes amis de courses toujours les mêmes Damien Vesseau juste devant moi au challenge des Trails de Provence 2012 et partenaire dans nos sorties longues, Christophe Massol juste derrière moi au challenge 2012, Stéphane Senac mon ami et partenaire d’entrainement, puis un autre gars que je vois sur toutes les courses mais je ne connais pas son prénom, notre groupe se retrouve rapidement isolé personne devant, personne derrière on avance bon train tout en discutant/plaisantant comme d’habitude, mais pour moi c’est déjà les premiers signes de crampes aux mollets au kilomètres 3 « incroyable »!!!! je n’ai jamais eu de problème aux mollets même après un 60 kilomètres c’est l’incompréhension… Bref très vite on passe le 1er ravito personne ne s’arrête tout est calculé pour moi, je me ravitaille à Vauvenargues et au col des portes en eau et boisson salée  » récupération Sport » (que l’on trouve chez PowerSport),  j’ai 3 barres ( mules barre) / 3 gels(overstim), mon père me ravitaille à Puyloubier. Depuis le début de la course nous sommes dans le brouillard,  à ce moment de la course avant d’attaquer les plaideurs nous vivons quelque chose de magique le brouillard s’estompe pour nous dévoiler les falaises sud de la St Victoire c’est stupéfiant, magnifique d’ailleurs nous l’avons tous dis, nous sommes vraiment minuscules. Donc on s’attaque à cette montée du Pas du Clapier grande portion technique ou il faut mettre les mains et d’ailleurs les chaussures qui ont encore de la boue sur les semelles glissent beaucoup avec le vide en dessous, c’était quelque peu inquiétant, comme je stresse pour mes amorces de crampes je mise tous sur les cuisses et minimise l’appui sur les mollets. Très vite avec son petit gabarit Damien prend de l’avance sur le groupe plusieurs centaines de mètres, mais pas d’inquiétude il a mal à une cheville on le reprendra en descente (on se connait tous bien), sur la crête nous reprenons un rythme du diable pour attaquer la descente sur Vauvenargues et là les uns à la suite des autres à 1 mètre d’intervalle nous descendons à un vitesse terrible, mais très propre pas de mauvais appuis un vrai train avec ces wagons personne ne se distance et comme annoncé avant, nous rattrapons Damien sur la partie goudronné de la descente qui d’ailleurs glisse horriblement. A ce moment là, je ressens une douleur importante dans l’adducteur ou l’haine gauche je ne sais pas exactement l’endroit, j’essaie de ne pas y penser. On sort du DFCI, on passe Vauvenargues, là le ravito se fait languir car je n’ai plus d’eau depuis les crêtes  et comment dire « J’ai grand soif…..!!!! » déjà 2 litres d’ingurgités, on arrive au ravito, je remplis ma poche à eau 1l5 sans trainer les autres sont déjà repartis « les petits fous » je prends un quart d’orange et du camembert ( oui oui j’adore le fromage), là je reprends mon retard sur le groupe pour attaquer « la montée des plaideurs » pareil on discute un peu mais déjà beaucoup moins qu’au début…….Je connais bien les plaideurs je sais que les difficultés sont sur le dernier tiers, je croise Hervé Giraud Sauveur (un pro de la team Lafuma qui à gagner l’ultra Champsaur 2012 avec qui j’ai eu la chance de monté sur le podium au trail de Mimet) qui va en sens inverse le visage très marqué, nous comprenons qui l’abandonne, puis suivit de quelques minutes par Patrice Marmet qui abandonne à son tour. Bizarrement mes mollets n’amorcent plus de crampes, ma douleur à l’haine ou l’adducteur n’ai plus présente cool, je suis confiant. Mais là terrible nouvelle je m’aperçois que ma bouteille de 0.5l est vide j’ai oublié de la remplir d’eau et d’y mettre ma boisson énergétique « putain mais quel con » je le cris à voix haute, je n’ai jamais oublié une telle chose… Je suis toujours mon petit groupe d’habitués on arrive sur la crête, cette partie demande une vigilance extrême avec de grandes enjambées de dalles rocheuses en dalles rocheuses, et là c’est le poignard dans l’haine cette fois c’est sur, c’est pas dans l’adducteur, à chaque levé de la jambe gauche c’est le poignard, là c’est la merde je suis obligé de compenser avec la jambe droite je pousse deux fois plus fort avec, et là c’est le mollet droit qui revient en crampe, très vite je prends 200 mètres de retard sur mon groupe je comprends que le reste de la course s’annonce ultra difficile. J’entends une voix qui me dit c’est par là, quoi, comment, on redescend la face sud pour remonter le pic des mouches je ne savais pas, la descente est extrême puis la remonté sur le pic des mouches m’achève l’haine, je m’arrête je regarde la vue splendide sur la vallée de l’arc, et je comprends avant d’arrivé au sommet du pic des mouches que c’est terminé pour moi aussi, j’ai perdu mon groupe je suis tout seule et même si je double un groupe de personne au visage véritablement marqué, je suis démoralisé c’est la première fois de ma vie que je ressens ça, je n’ai jamais connu d’échec en trail….j’arrive au sommet j’hésite à laisser mon dossard aux organisateurs pour redescendre direct sur Puyloubier, mais une lueur d’espoir me touche, je suis un descendeur, je tente la descente sur le col des portes. Je descends à toute blinde j’ai mal, mais je m’en fou, je rattrape un gars puis j’aperçois mon groupe au loin super je reviens, en bas un petit monotrace j’aperçois Sophie la femme de Stéphane qui m’encourage elle m’indique que je suis à une minute de mes compères, c’est plutôt bon signe. J’arrive au ravito mais mes collègues sont déjà repartis, je prends le temps de remplir ma bouteille de 0.5l je mets mon sachet de « récupération Sport » , je reprends la route un DFCI qui monte beaucoup je rattrape 2 personnes dans un sale état, mon mollet droit me fait souffrir ce n’est plus une crampe, ni une contracture c’est une douleur malsaine, puis l’haine me fait souffrir de plus en plus. J’arrête de courir pour marcher quelques minutes, là un monotrace raidillon que je connais bien, j’accélère, je rattrape encore une personne, reste avec lui, on discute, on entame la descente sur Puyloubier je me rends compte qu’avec ces bobos qui m’occupent  l’esprit j’en ai oublié de manger erreur monumentale, je commence à faire une hypoglycémie, je fais la descente qui est difficile en marchant je suis fini, deux choix se présentent à moi: continuer au risque de me blesser pour obtenir une place qui ne me conviendra pas ou arrêter là pour reprendre au plus vite l’entrainement. Je me résigne, j’arrête a Puyloubier mon père ou ma femme me rapatrierons, Vincent Chautard me rattrape et s’inquiète pour moi, je lui dis que je m’arrête là, lui souhaite bonne course, rentre dans Puyloubier en courant puis au pointage je dis au gars de l’organisation de prendre mon dossard j’arrête la course, je regarde mon père qui comprends immédiatement que je ne vais pas bien, heureusement ma famille est là, mes beaux parents,  ma femme et mes filles me font du bien…..
Pour la suite mon petit groupe d’amis coureurs arrive respectivement 10iéme, 11iéme…..de très belles places en 7H07mn, moi je reste frustré, tous ces entrainements, toutes mes pensées depuis des semaines dans cet objectif pour m’arrêter à 18 kilomètres de l’arrivée, sur ces parcours que je connais très bien. Une chose est sure, l’année prochaine je serais là avec je l’espère beaucoup moins de fatigue que cette année.
Jéjé.

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